L'attrape coeurs.jpgLe roman, écrit à la première personne, relate la période où Holden Caulfield, expulsé du collège Pencey Preparatory trois jours avant les vacances de Noël, retourne à la maison familiale, à New-York. Il déambulera en ville avant de devoir annoncer la nouvelle à ses parents. Âgé de dix-sept ans, Holden est plein d’incertitudes et d’anxiété, à la recherche de lui-même. Il vit son passage à l’âge adulte et comprend qu’il perd l’innocence de l’enfance. L’une des plus belles images de l’auteur pour exprimer ce passage est lorsque Holden demande au chauffeur de taxi où vont les canards lorsque l’étang gèle. Salinger dans ce roman décrit avec ironie et justesse la société américaine des années 1950.


                                                                 ✶✶✶☆☆

Les avis sont très divers sur ce livre, allant d’un enthousiasme débordant en faisant un réel chef-d’œuvre, à la déception la plus vive. Moi j’avoue me sentir un peu entre les deux, j’en ressors mitigée.

Holden Caulfield est pensionnaire à l’école de Pencey, mais il en est renvoyé à cause de ses résultats désastreux. Ses parents n’étant pas encore au courant, il décide de rentrer tranquillement chez lui et nous conte rétrospectivement son trajet de retour entre Pencey et New York.

Holden gravite autour de nombreux personnages, plus ou moins attachants. Toutes les rencontres qu’il fait permettent à Holden de se construire : son colocataire, sa sœur Phoebé, ses amis et professeurs… Les diverses aventures qu’il vit dans cette grande ville sont étonnantes, sordides, joyeuses et tristes. Il n’est pas toujours évident pour le lecteur de comprendre Holden… Ce personnage est complexe et constamment dans l‘exagération.  Il est constamment en train de se poser des questions et de se remettre en question. Cela fait de lui un personnage intrigant et attachant malgré tout.

J’ai trouvé cette histoire intéressante. Le jeune homme se trouve à une période critique de son existence : L’adolescence. Le marquage du passage entre l’enfance et l’âge adulte. Ce qui fait donc tout l’intérêt du livre c’est son aspect très familier, avec ses réflexions sans buts, l’errance de ce jeune adolescent qui se cherche lui-même, qui cherche un but à sa vie, et qui de ce fait ne va pas suivre une ligne de pensée unique, mais être sur plusieurs fronts à la fois. Le style m’a un peu déstabilisée au début (langage familier et vulgaire, récit à la première personne comme si nous étions ses ami(e)s) mais en fait il colle parfaitement au personnage. Néanmoins j’aurai aimé que les aventures d’Holden soient un peu plus développé et qu’il y ait plus de rebondissements. Et puis à aucun moment il ne s’exprime sur les enseignements retirés de son voyage et je ne vous parle pas de cette fin décevante.

En bref, J.D. Salinger passe au travers de nombreux thèmes encore d’actualité et qui nous touchent tous. Le mal-être adolescent est superbement retranscrit dans ce roman écrit à la première personne dans un ton familier qui donne encore plus d’envergure et de réalisme au texte mais L’Attrape-coeurs aurait mérité d’être un peu plus développé

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