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Thorn a disparu depuis deux ans et demi et Ophélie désespère. Les indices trouvés dans le livre de Farouk et les informations livrées par Dieu mènent toutes à l’arche de Babel, dépositaire des archives mémorielles du monde. Ophélie décide de s’y rendre sous une fausse identité.


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Le premier tome fut une véritable découverte, ce monde si riche et l’imagination de Christelle Dabos m’avait complètement transporté. Le deuxième tome avait prit une tournure vraiment inattendue et m’avait semblé très différent du premier tome, mais tout aussi prenant. Avec La mémoire de Babel, Christelle Dabos poursuit ses révélations sur l’origine du monde fragmenté d’Ophélie et cette série n’en devient que plus passionnante même si c’est celui que j’ai le moins aimé.

 Il sera une fois, dans pas si longtemps, un monde qui vivra enfin en paix. En ce temps-là, il y aura de nouveaux hommes et il y aura de nouvelles femmes. Ce sera l’ère des miracles. 

A la fin des Disparus du Clairedelune, on avait laissé une Ophélie complètement démunie, seule et perdue. Et ce nouvel opus déstabilise dès les premières pages lorsqu’on découvre que deux ans se sont écoulés depuis les événements du deuxième tome. Ophélie est retournée sur Anima et s’est efforcée de reprendre une vie normale. Mais rien n’est plus comme avant et elle n’a fait que ressasser ce qui s’est passé au Pôle. Finalement, la venue d’Archibald va lui permettre de se décider à reprendre ses recherches. Elle va se rendre sur Babel dont la tour du Mémorial est plus ancienne que la déchirure et recèle des archives impressionnantes. En son centre se trouve aussi le Secretarium, qui n’est accessible qu’aux meilleurs apprentis-virtuoses, après des études éprouvantes. Persuadée que cet endroit est la clef, Ophélie va s’engager dans cette voie.

Alors je vais vous avouer que j’ai eu un peu de mal à me plonger à 200% dans ma lecture dans la première partie de ce roman. Mais finalement à 1/3 de ma lecture, j’étais de nouveau totalement happée dans l’univers de l’auteure. Ce roman contient un peu moins d’action que ceux d’avant et plus de révélations. Le rythme est donc différent et je pense que c’est ce qui m’a déroutée dans un premier temps. Ici, on apprend énormément de choses vu que nous évoluons dans un nouvel endroit.

– Dieu a dit qu’il vous gardera à l’œil, murmura-t-il d’une voix suffoquée. Juste devant moi. Je fais un mari exécrable mais je n’autorise personne, et surtout pas lui, à harceler ma femme. Il m’est impossible de vous arracher à Dieu, mais je peux l’arracher à vous. Et c’est ce que je vais faire de ce pas, dès que vous vous serez décidée à m’apporter cette maudite boîte à outils. S’il existe un livre qui détient le secret de Dieu et qui permet de mettre une faille dans son invulnérabilité, alors je le trouverai.

Ophélie n’est plus la jeune fille faible et naïve des deux tomes précédents. Ici elle subit mais trouve des solutions et avance. Elle est plus déterminée que jamais à retrouver Thorn et avoir des réponses. Elle est davantage sur ses gardes et prend conscience de la gravité de la situation. Mais rassurez-vous, sa maladresse et sa prédisposition à s’attirer des ennuis sont toujours bien présents et c’est encore une fois un réel plaisir de la redécouvrir plus battante que jamais, entre manque d’assurance et intelligence naturelle. La mémoire d’Ophélie regorge de souvenirs, d’indices, d’hypothèses qui sont la clef à certaines questions que l’on se pose. La seule chose qui la déstabilise encore est sa relation avec Thorn. D’ailleurs j’ai vraiment été agacé que celui-ci n’arrive que si tard dans l’histoire même si j’ai beaucoup apprécié le rôle qui lui a été donné et qui nous promet encore de belles choses. Il est toujours aussi maladroit, un véritable handicapé des sentiments. Les événements du deuxième tome ont vraiment laissé des séquelles sur lui. Je suis extrêmement heureuse de ce qu’il advient de leur couple ici et j’espère vraiment qu’ils ne seront pas encore séparés dans le prochain tome parce que leur duo est une des choses que j’aime le plus dans cette saga. Thorn est toujours aussi bourru et inexpressif malgré les sentiments qui le dévorent de l’intérieur, et Ophélie ne sait pas encore exprimer ses émotions, ni les partager sans avoir l’impression de passer pour plus faible qu’elle n’est en réalité. Les deux font vraiment la paire et les chemins qu’ils ont pris les mettent irrémédiablement en danger. Ils s’aiment mais ne peuvent le montrer, entraînant des situations de doute qui m’ont brisé le cœur. 

Les autres personnages comme Archibald, Berenilde ou encore la grande-tante Roseline ne sont présents qu’à travers les yeux de la petite Victoire, dont quelques chapitres se concentrent sur elle. Cette petite possède un pouvoir troublant qui va malheureusement lui permettre d’apprendre des choses dont elle ne devrait pas avoir la connaissance. Ces passages sont vraiment perturbants car Victoire n’est qu’une petite fille, elle ne comprend pas tout ce qui se passe, son enfance n’est pas normale, et c’est terriblement triste d’assister à cela à travers ses yeux. Nous avons également le droit à de nouveaux personnes comme Ambroise, ce jeune homme handicapé qui m’a beaucoup touché, l’un des seuls personnages à être bienveillant envers Ophélie. Il y a aussi Octavio, un autre apprenti-virtuose très mystérieux. Ophélie va finalement lui faire ouvrir les yeux, et ce que l’on apprend sur lui au fil du livre va donner une toute autre dimension au personnage. J’ai aussi particulièrement été troublée par les esprits de famille de Babel, Hélène et Pollux. Comme avec Farouk, Christelle Dabos sait comment les rendre impressionnants et inquiétants. Mais il y a également quelques personnages assez détestable, ne vous inquiétez pas.

– Cinquante-six.
Il désenroua sa voix d’un raclement de gorge. Jamais Ophélie ne l’avait vu aussi intimidé, en dépit des efforts qu’il déployait pour ne rien en montrer.
– C’est le nombre de mes cicatrices.
Elle ferma, puis rouvrit les yeux. Elle le sentit à nouveau, en plus violent encore, cet appel impératif qui lui venait du fin fond du corps.
– Montre-les-moi.

En bref, l’auteure nous offre une suite toute aussi passionnante que les deux premiers même si l’action est moins présente. Une nouvelle fois, la fin de ce troisième tome rend l’attente du prochain extrêmement difficile.

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